Site internet lent : les causes et quoi faire
Un site lent se répare presque toujours, et la cause est le plus souvent banale : des photos trop lourdes, trop d'extensions ou un hébergement sous-dimensionné. Mesurez d'abord avec l'outil gratuit de Google, sur mobile, puis traitez les causes dans l'ordre de cet article, de la moins chère à la plus lourde.
« Mon site est lent » est une phrase que j'entends souvent, et qui recouvre des réalités très différentes. Parfois le site met huit secondes à apparaître sur un téléphone. Parfois il est rapide partout sauf sur l'ordinateur du bureau. Avant de chercher un coupable, il faut donc mesurer, et mesurer correctement.
Comment savoir si mon site est vraiment lent ?
Commencez par l'épreuve la plus simple : ouvrez votre site sur votre téléphone, wifi coupé, en navigation privée pour ne pas profiter de ce que le téléphone a gardé en mémoire. C'est dans ces conditions que la plupart de vos clients le découvrent.
Ensuite, passez l'adresse de votre page d'accueil dans PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google. Regardez l'onglet mobile, pas l'onglet ordinateur, et ignorez la note sur cent : ce qui compte, ce sont les trois indicateurs que Google appelle les signaux web essentiels.
- L'affichage du contenu principal (LCP) : Google le considère bon en dessous de 2,5 secondes.
- La réactivité (INP) : le temps entre un geste du visiteur et la réaction de la page. Bon en dessous de 200 millisecondes.
- La stabilité de la mise en page (CLS) : le contenu qui saute pendant le chargement, et vous fait toucher le mauvais bouton. Bon en dessous de 0,1.
Si votre site a un peu de trafic, Google Search Console affiche aussi ces indicateurs mesurés sur de vrais visiteurs, ce qui vaut mieux qu'un test isolé.
Pourquoi mon site est-il rapide chez moi et lent chez mes clients ?
C'est la situation la plus trompeuse, et elle est très courante. Votre ordinateur a déjà visité votre site des dizaines de fois : il en garde une bonne partie en mémoire et n'a presque plus rien à télécharger. Vous êtes peut-être aussi sur la fibre, avec une machine récente, assis à côté de votre box.
Votre client, lui, découvre le site pour la première fois, sur un téléphone de milieu de gamme, avec une connexion mobile moyenne, parfois dans une rue où le réseau faiblit. Il télécharge tout, photos comprises. C'est pour ça que le test doit se faire en navigation privée, sur téléphone, hors wifi, et que l'onglet mobile de PageSpeed Insights simule justement ces conditions. Si vous ne faites qu'un test, faites celui-là.
Pourquoi un site lent coûte-t-il des clients ?
Pour deux raisons. La première est humaine : un visiteur sur téléphone qui attend une page vide n'attend pas longtemps, surtout quand votre concurrent est à un retour arrière. Il ne vous préviendra pas, il ira simplement ailleurs.
La seconde vient de Google, qui tient compte de l'expérience de page, vitesse comprise, parmi les nombreux critères de son classement. Ce n'est pas le critère principal, la pertinence de votre contenu passe devant, mais entre deux sites comparables, le plus lent part avec un handicap. Si votre souci est surtout d'être absent de Google, la vitesse n'est probablement pas la bonne piste : voici par où chercher.
Quelles sont les causes les plus fréquentes ?
Je les donne dans l'ordre où je les rencontre, qui est aussi, heureusement, l'ordre du moins cher au plus cher à corriger.
Des photos trop lourdes
C'est la cause numéro un, de loin. Une photo prise au téléphone ou livrée par un photographe pèse souvent plusieurs mégaoctets, alors qu'une photo bien préparée pour le web en pèse quelques centaines de kilo-octets sans différence visible. Une page d'accueil avec six photos brutes en charge parfois plus que tout le reste du site réuni. Le sujet est développé dans notre article sur les photos.
Trop d'extensions et un constructeur de pages
Sur WordPress, chaque extension ajoute son propre code, ses propres fichiers et parfois ses propres requêtes au serveur. Les constructeurs de pages visuels, très pratiques pour monter un site sans développeur, sont aussi parmi les plus lourds. Trente extensions dont dix ne servent plus, c'est un site qui traîne.
Des services extérieurs empilés
Fenêtre de discussion, pixels publicitaires, vidéo intégrée en page d'accueil, carte interactive, widget d'avis, polices chargées depuis un autre site : chaque service charge son propre code depuis un autre serveur, que vous ne maîtrisez pas. Pris un par un, ils semblent légers. Ensemble, ils font souvent la moitié du temps de chargement.
Un hébergement sous-dimensionné
Un hébergement mutualisé d'entrée de gamme partage un même serveur entre de nombreux sites. Quand un voisin consomme beaucoup, le vôtre ralentit. Le symptôme typique est un serveur long à répondre avant même que la page commence à s'afficher, et une vitesse qui varie selon l'heure.
Pas de mise en cache
Sans cache, un WordPress reconstruit chaque page à chaque visite, en interrogeant sa base de données. Avec un cache, il sert une version déjà prête. C'est souvent le réglage qui a le plus d'effet pour le moins d'effort.
Un site qui n'est plus à jour
Une version ancienne du langage du serveur, un thème plus maintenu, une base de données encombrée par des années de brouillons et de commentaires indésirables : tout cela ralentit, et pose en plus un problème de sécurité.
Que puis-je corriger moi-même ?
Trois gestes ne demandent aucune compétence particulière et règlent une bonne partie des cas.
- Réduire les photos avant de les mettre en ligne. Une largeur d'environ 2 000 pixels suffit pour une grande photo affichée en pleine largeur, et le format WebP est accepté par tous les navigateurs récents. Remplacez d'abord les photos de la page d'accueil.
- Faire le ménage dans les extensions. Désactivez puis supprimez celles qui ne servent plus, après une sauvegarde. Chaque extension retirée est aussi une faille potentielle en moins.
- Retirer ce qui bouge en page d'accueil. Carrousel, vidéo en lecture automatique, animations au défilement : ils pèsent lourd et sont rarement regardés.
Refaites ensuite la mesure dans PageSpeed Insights. Si les indicateurs passent au vert, vous avez réglé le problème pour presque rien.
Qu'est-ce qui ne sert à rien ?
Empiler les extensions d'optimisation. Une extension de cache est utile, trois extensions qui se marchent dessus ralentissent le site et le cassent parfois. Viser 100 sur 100 ne sert à rien non plus : un site qui affiche son contenu en moins de 2,5 secondes sur mobile et reste stable est un site rapide, la note au-delà relève de la coquetterie. Enfin, payer de la publicité pour compenser un site lent revient à payer pour envoyer des visiteurs vers une page qu'ils vont quitter.
Quand faut-il changer d'hébergeur ou refaire le site ?
Changez d'hébergeur si le serveur met longtemps à répondre alors que vos pages sont légères : le problème est alors sous le site, pas dedans. La marche à suivre pour le faire sans casse est dans changer d'hébergeur sans perdre son site.
Envisagez de refaire le site s'il repose sur un thème abandonné ou un constructeur de pages très lourd, et que chaque correction en déclenche une autre. À partir d'un certain point, alléger coûte plus cher que reconstruire, et le site reconstruit restera rapide.
Et si vous préférez qu'on s'en occupe ?
La vitesse fait partie de l'audit gratuit que je propose sur la page dépannage et reprise de site : je mesure, je vous dis d'où vient la lenteur en français, et je chiffre la correction avant de commencer. Si la cause tient en quelques réglages, je vous explique comment les faire vous-même.
Les sites que je construis sont légers par conception : des pages sans superflu, des photos préparées pour le web, hébergement en France et surveillance de la vitesse compris dans l'abonnement à 69 € par mois. C'est détaillé sur la page ce qui est compris.
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