Changer d'hébergeur sans perdre son site

On peut changer d'hébergeur sans perdre son site, ses mails ni son référencement, à une condition : tout copier et tout tester chez le nouvel hébergeur avant de basculer le nom de domaine, et ne résilier l'ancien qu'à la toute fin. Voici l'ordre exact, et les trois pièges qui transforment un déménagement en panne.

Un changement d'hébergeur bien fait est invisible. Vos visiteurs ne voient rien, Google non plus, et un matin votre site tourne simplement ailleurs. Ceux qui tournent mal ont presque toujours la même histoire : quelqu'un a résilié l'ancien hébergement trop tôt, ou a oublié que les mails passaient par là.

Hébergeur, nom de domaine, mails : qu'est-ce qu'on déménage vraiment ?

Trois choses sont souvent confondues, alors qu'elles peuvent se trouver chez trois fournisseurs différents.

  • L'hébergement, c'est le serveur où vivent les fichiers et la base de données de votre site. C'est lui qu'on déménage.
  • Le nom de domaine, c'est votre adresse. Il est enregistré chez un bureau d'enregistrement, qui peut être votre hébergeur ou non. On ne le déménage pas forcément : il suffit de lui dire de pointer ailleurs.
  • Les mails à votre nom de domaine. Ils peuvent être chez l'hébergeur, chez un fournisseur de messagerie, ou chez le bureau d'enregistrement. C'est la brique qu'on oublie, et celle qui fait le plus de dégâts.

Avant de commencer, il faut savoir où se trouve chacune des trois. Si vous ne le savez pas, une recherche « whois » sur votre domaine vous donne au moins le bureau d'enregistrement, et un prestataire déduit le reste en quelques minutes.

Pourquoi changer d'hébergeur ?

Les raisons que j'entends le plus souvent sont concrètes : un site devenu lent, une facture qui augmente à chaque renouvellement, un support qui ne répond plus, un prestataire qui a disparu avec les accès, ou l'envie d'avoir ses données hébergées en France. Si c'est la lenteur qui vous pousse à partir, lisez d'abord notre article sur les sites lents : l'hébergeur n'est pas toujours le coupable, et déménager un site trop lourd ne le rendra pas léger.

Quelles sont les étapes, dans l'ordre ?

L'ordre compte plus que la technique. Le principe tient en une phrase : on construit la nouvelle maison, on la teste, on déménage, et on ne rend les clés de l'ancienne qu'une fois installé.

1. Faire l'inventaire et récupérer les accès

Accès à l'hébergement actuel, au bureau d'enregistrement du domaine, à l'administration du site et à la messagerie. Notez aussi ce qui tourne en coulisses : formulaires, envois automatiques, tâches planifiées, sous-domaines.

2. Faire une copie complète

Les fichiers et la base de données, pas l'un sans l'autre. Sur un WordPress, les textes sont dans la base, les images dans les fichiers : une copie à moitié ne sert à rien. Gardez cette copie hors des deux serveurs, elle est votre filet.

3. Installer et tester chez le nouvel hébergeur

Le site est installé sur le nouveau serveur alors que l'ancien tourne toujours. On le teste à part, sans que le public y ait accès : pages, images, formulaires, affichage sur téléphone. C'est l'étape que les déménagements ratés sautent.

4. Préparer la bascule

Les réglages du nom de domaine indiquent pendant combien de temps les réseaux gardent en mémoire l'ancienne adresse du serveur. La veille, on raccourcit ce délai pour que la bascule se propage vite.

5. Basculer le nom de domaine

On modifie l'adresse vers laquelle pointe le domaine. La propagation prend de quelques minutes à quelques heures, parfois jusqu'à deux jours pour les derniers réseaux. Pendant ce temps, certains visiteurs voient l'ancien serveur, d'autres le nouveau, et c'est sans conséquence puisque les deux affichent le même site.

6. Vérifier, puis attendre avant de résilier

Certificat de sécurité, formulaires, mails, pages principales. Puis on garde l'ancien hébergement actif quelques semaines. S'il reste un oubli, il est encore récupérable.

Que deviennent mes adresses mail ?

C'est le piège numéro un. Si vos mails sont hébergés chez votre ancien hébergeur et que vous modifiez les réglages du domaine sans y penser, ils cessent d'arriver. Pire : si vous résiliez l'ancien hébergement, les messages qui y étaient stockés partent avec lui.

Deux règles évitent ça. D'abord, on décide où iront les mails avant de toucher quoi que ce soit, et on recopie leurs réglages à l'identique. Ensuite, on sauvegarde les boîtes existantes avant la résiliation, même si vous pensez tout avoir sur votre ordinateur.

Faut-il aussi transférer le nom de domaine ?

Non, pas obligatoirement. Un domaine peut rester chez son bureau d'enregistrement et pointer vers n'importe quel hébergeur. Le transférer a du sens si vous voulez tout regrouper, ou si le compte actuel est au nom d'un ancien prestataire.

Si vous le faites, faites-le à part, une fois le site installé et stable. Le transfert demande un code d'autorisation fourni par le bureau d'enregistrement actuel, prend en général quelques jours, et mélanger les deux opérations multiplie les risques. Vérifiez surtout que le domaine est bien enregistré à votre nom : si ce n'est pas le cas, voici comment le récupérer.

Vais-je perdre mon référencement Google ?

Non, si les adresses de vos pages ne changent pas. Google connaît vos pages par leurs adresses, pas par le serveur qui les sert. Un site déplacé à l'identique, avec le même nom de domaine, le même cadenas et les mêmes adresses de pages, garde ses positions.

Ce qui abîme le référencement, c'est de profiter du déménagement pour tout changer : nouvelle structure, pages renommées, sans redirections des anciennes adresses vers les nouvelles. Si vous voulez refaire le site, c'est possible, mais c'est un autre chantier, expliqué dans refaire son site : ce qu'on garde, ce qu'on jette.

Quels sont les pièges les plus fréquents ?

Ce sont toujours les mêmes, et aucun n'est technique au sens noble du terme. Ce sont des oublis.

  • Résilier l'ancien hébergement avant la fin. Le site, les mails stockés et parfois des sauvegardes partent avec lui, sans retour possible.
  • Oublier les mails, ou recopier leurs réglages à moitié. Les messages arrivent d'abord, puis plus du tout, ou seulement certains jours.
  • Des formulaires qui n'envoient plus rien. L'envoi des messages de contact est souvent réglé pour l'ancien serveur. Le formulaire affiche « merci », et rien n'arrive.
  • Un certificat de sécurité oublié sur le nouveau serveur, et les navigateurs affichent un avertissement dès la bascule.
  • Une copie incomplète, avec les fichiers mais sans la base de données, ou l'inverse.

Une liste de contrôle et un formulaire testé à la main après la bascule suffisent à éviter l'essentiel.

Et si je n'ai plus accès à l'ancien hébergement ?

C'est fréquent quand le prestataire a disparu. Le déménagement reste possible : le contenu d'un site en ligne est lisible par tout le monde, et je peux reconstruire le site sur un nouveau serveur à partir de ce qui s'affiche. Ce qu'il faut absolument récupérer, en revanche, c'est la main sur le nom de domaine. Sans lui, impossible de faire pointer l'adresse ailleurs.

Combien ça coûte et combien de temps ça prend ?

Pour un site vitrine, le travail lui-même se compte en heures, pas en jours. Ce qui allonge le délai, ce sont les accès à retrouver et la propagation du nom de domaine. Comptez quelques jours de bout en bout si tout le monde répond.

Chez moi, la reprise d'un site existant ne coûte rien : récupération, remise en état et déménagement vers notre hébergement en France, sans frais de mise en route. L'audit qui précède est gratuit lui aussi. Ensuite, c'est 69 € par mois avec un engagement minimum de douze mois, hébergement, sauvegardes quotidiennes, surveillance et modifications de textes et de photos compris. Tout est sur la page dépannage et reprise de site, et le détail de l'abonnement sur ce qui est compris.

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Romain Lebrun
Romain Lebrun

Fondateur de Humaro. C'est lui qui écrit ces articles, et c'est lui qui construira votre site. En savoir plus

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